Gilles Penet a porté la voix des PME à
l’Assemblée Nationale
Le Président de la CGPME de Saône-et-Loire, dont l’entreprise OPS,
spécialisée dans les salons, est implantée dans la Communauté Le Creusot
- Montceau, a participé à un débat parlementaire. Il était en compagnie
de Jean-François Roubaud, président national de la CGPME.
Les débats
étaient parrainés par Jean-François Copé, président du groupe UMP à
l’Assemblée Nationale et ils se sont notamment déroulés en présence de
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière.
De multiples
sujets ont été abordés, dont celui de la sous-traitance.
Chaque
année, la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises
participe à travers des ateliers aux débats parlementaires au sein de
l’Assemblée Nationale. Une occasion unique d’émettre son opinion avant
le vote des lois alors que les PME représentent en France près de 3
millions de structures et 80 % des emplois du secteur marchand. Des
chiffres qui placent la CGPME au centre des prises de décisions
politiques.
Invité autour de Jean-François Copé, parrain de
l’édition 2010 de l’amicale parlementaire des PME, Gilles Penet, patron
d’OPS installé à Saint-Vallier et par ailleurs, Président de la CGPME 71
figurait parmi les trois chefs d’entreprises sollicités au niveau
national pour présenter son activité économique. En exclusivité, nous
avons effectué le déplacement à Paris pour relater les débats autour de
la problématique des relations donneurs d’ordres - sous traitants.
L’Amicale
Parlementaire des PME avait choisi pour cette nouvelle édition
d’aborder la problématique des relations entre donneurs d’ordre et
sous-traitants, alors que près de 7000 entreprises françaises du secteur
de l’industrie manufacturière ont été sous-traitantes ces derniers
mois, et pour une grande majorité d’entre elles, des PME de 20 à 249
salariés.
Pour nombre d’entreprises, la part de la sous-traitance
représente une part essentielle de leurs chiffres d’affaires. Après mis
en avant le commerce de proximité, en 2008, la crise économique en 2009,
l’Amicale Parlementaire avait choisi de mettre en avant un thème "qui
ne fait pas la Une du JT de 20h mais qui fait votre quotidien" a pu
préciser Jean-François Copé, parrain de l’édition 2010 et Président du
groupe UMP au sein de l’Assemblée Nationale.
Jean-Claude Volot,
maître de cérémonie après sa nomination par Christian Estrosi, Ministre
de l’Industrie, le 6 avril 2010 en qualité de médiateur de la
sous-traitance a rappelé aux côtés de Jean-Claude Mailly, Secrétaire
Général de Force Ouvrière que la "sous-traitance est très dépendante à
la conjoncture économique et que les conséquences sociales peuvent
s’avérer dramatiques".
Au fil des années, les sous-traitants, pour
ne pas perdre leurs marchés ont accepté une dégradation de leur
rentabilité. Alors la concurrence internationale devient de plus en plus
exacerbée, alors que les donneurs d’ordre, ces grosses entreprises qui
captent l’essentiel des appels d’offres imposent des exigences à leurs
sous-traitants de plus en plus insoutenables, tant en termes de délai de
production, de qualité et évidemment de prix. Plusieurs chefs
d’entreprise ont profité de l’occasion donnée pour faire connaître leurs
sentiments sur les concurrences déloyales qui s’imposent alors que
nombre d’entreprises sous-traitantes installées à l’étranger remportent
des appels d’offres sans respecter les cahiers des charges.
Et c’est
bien là que le bas blesse pour un certain nombre de chefs d’entreprises
présents à Paris : faire en sorte que la loi soit respectée et que les
clients et l’Etat en premier lieu soit plus vigilant sur les conditions
d’obtention de marchés.
Appel au respect de la
propriété
industrielle du sous-traitant
Autour
de Jean-François Roubaud, Président National de la CGPME, l’Amicale
Parlementaire des PME a souhaité mettre en avant trois profils
d’entrepeneurs touchés par la problématique de la sous-traitance et des
donneurs d’ordre.
Alain Zedda, patron d’une société de plasturgie
implantée en Seine Saint Denis et qui travaille pour plus de la moitié
pour l’automobile, a dénoncé les pratiques de certaines donneurs d’ordre
n’hésitant pas à piller les brevets d’invention des PME afin de
produire ailleurs avec des résultats pourtant loin des objectifs
initiaux....mais pour le donneur d’ordre, une seule chose compte, le
prix... a fustigé le chef d’entreprise de 67 ans. Bien que Jean-Claude
Volot ait dénoncé ce problème de pillage institutionnalisé et
l’illégalité de ces pratiques, il reste néanmoins que pour la CGPME, il
apparait incontournable de prévoir des clauses permettant aux
sous-traitants de protéger leur propriété industrielle. Les patrons
veulent même aller plus loin avec la mise en place de sanctions
dissuasives en cas de non-respect des clauses ou encore l’instauration
d’un brevet communautaire. Rappelons d’ailleurs que le brevet n’est
valable que dans les pays européens choisis par le titulaire et à
condition d’être traduit dans la langue de chaque pays... une procédure
longue et financièrement compliquée pour des petites PME.
Une rupture anticipée
de contrat
de sous-traitance
L’exemple
citée par Grégory Ansart, patron d’une entreprise de téléphonie
implantée dans le Nord et qui gérait jusqu’à 17 salariés a suscité une
vague de questionnements. Alors que son client principal, SFR, avait
dénoncé son contrat les liant, du jour au lendemain, la petite société
sous-traitante avait perdu 80 % de son chiffre d’affaire lié à un seul
client et cela sans crier gare. Jean-Claude Volot rappela la nécessité
de s’entourer d’avocats lors des signatures de contrat... un élément pas
aussi facilement applicable à entendre les chefs de TPE et de petites
PME.
De son côté, Gilles Penet, Patron de l’entreprise OPS
spécialisée de la production de canapés pour la grande distribution
notamment, avait une situation quelque peu différente, puisque seul chef
d’entreprise, employant une cinquantaine de salariés à Saint Vallier
sur le bassin minier, à être à la fois donneur d’ordre et sous-traitant.
Le Saône et Loirien a évoqué la situation douanière pesant sur les
objets manufacturés, une situation très disparate en fonction de la
nature du produit.
Prendre exemple sur
le
modèle allemand
Parrain des
travaux, Jean-François Copé, patron de l’UMP à l’Assemblée Nationale a
souhaité apporter quelques éléments complémentaires, évoquant une
"vision claire pour les 5-6-7 prochaines années". "On se doit d’évaluer
les lois que l’on vote, et il faut que nous passion plus de temps à cela
" a-t-il lancer aux patrons et aux quelques parlementaires présents
dont Jean-Pierre Soisson ou Gérard Voisin. Mais l’essentiel de son
intervention porta le modèle économique de la PME française, bien trop
petites selon le parlementaire.
"Le modèle allemand a fait ses
preuves...à nous d’en tirer des conséquences. La question de la taille
des PME françaises est cruciale. En France, le carburant de la vie
économique c’est la consommation et donc la dépense publique, en
Allemagne, c’est l’export... la situation n’est plus soutenable. 4,3 %
des entreprises françaises ont pris de 50 salariés... l’enjeu majeur est
ici et nul part ailleurs. Il faut dresser un plan de bataille national
pour grossir nos PME".
Autre critique à l’égard des chefs
d’entreprise... cet espèce de mal récurrent... l’absence de maîtrise de
l’anglais. "La méconnaissance de l’anglais est notre premier handicap en
France. C’est un handicap de compétitivité aussi lourd que toutes les
autres contraintes. L’anglais doit être déclaré priorité nationale".
Clôturant
les débats, Jean-François Copé a évoqué la situation économique
internationale qui s’annonce très délicate avec la Grèce mais également
avec d’autres partenaires européens. "Nous ne pouvons laisser la Grèce
de côté" mais la crise sera aussi l’occasion pour les chefs d’entreprise
que vous êtes de regarder des opportunités, de restructurer et de
conquérir de nouveaux marchés. Je vous invite à réfléchir à
l’opportunité de l’élaboration d’un plan stratégique pour faire grossir
les PME".
A l’issue des débats, la CGPME a remis aux parlementaires un
point sur les dérives constatées ainsi qu’une vingtaine de propositions.
Laurent Guillaumé
Vidéo de la présentation de la société OPS à l’Assemblée Nationale :